L’ENTRAÎNEMENT POUR S’ATTAQUER AUX MONTAGNES : APERÇU DES EXIGENCES PHYSIOLOGIQUES LIÉES AU SKI ALPIN

lundi, 15 janvier, 2018
Training to Take on the Mountains: A look a the physiological demands of alpine skiing

 

Qu’est-ce que le ski alpin?

Le ski alpin est un sport de compétition aux Jeux olympiques d’hiver depuis 1936. Il englobe trois principales spécialisations : la descente, l’événement le plus long et le plus rapide, le slalom, plus technique, et un événement qui combine le slalom et la descente. Durant les événements individuels, les athlètes dévalent les pistes en deux vagues et le temps combiné détermine le résultat. Un nouvel événement par équipe est ajouté aux Jeux olympiques de 2018. Les seize premières nations classées en ski prendront part à une compétition en équipe de quatre où ils s’affronteront sur la piste de slalom pour gagner un point à chacune des quatre vagues.  Le ski alpin d’élite repose sur un héritage important au Canada, mais les meilleures nations au monde comprennent actuellement la Suisse, l’Autriche, la Norvège et la Suède.

Quelles sont les exigences du ski alpin?

L’épreuve de slalom, plus courte, est rapide et comporte des virages serrés. Les skieurs tentent de contourner une série de portes (près les unes des autres) et de franchir le fil d’arrivée aussi rapidement que possible, habituellement en 30 secondes à une minute. Un skieur qui manque une porte est pénalisé. Le slalom comporte trois versions : le slalom court, habituellement de seulement 200 m, le slalom géant, plus long (200 à 400 m), et le super slalom géant, (350 à 650 m) de distance, où les portes sont plus éloignées les unes des autres. 

La descente est composée de virages, moins serrés, mais elle se déroule à très grande vitesse. Une descente à 150 km/h sur une montagne enneigée et glacée ne se révèle pas nécessairement attrayante pour tous. Pour un skieur alpin élite, la descente procure les plus intenses sensations et pose le défi ultime d’être le plus rapide et le meilleur au monde.  Durant la descente, le skieur dévale aussi rapidement que possible un parcours d’un à deux kilomètres.  En raison de la grande vitesse, le skieur conclut habituellement le parcours en deux à trois minutes Le ski alpin, peu importe la spécialisation, se révèle une épreuve courte et en puissance, très différente des sports d’endurance d’hiver comme le ski de fond.

De plus, le ski alpin a presque toujours lieu en altitude et par temps froid. L’environnement constitue donc un aspect clé en vue de la préparation à la compétition. La compréhension de la réaction du corps durant les compétitions de ski permet aux entraîneurs et aux scientifiques du sport de planifier des calendriers d’entraînement précis et de les modifier pour améliorer la performance. L’optimisation de la performance de chaque descente et la récupération de l’athlète entre les descentes constituent aussi des objectifs clés du personnel d’entraîneurs et de performance.  

Comment l’Institut canadien du sport de l’Ontario offre-t-il un soutien aux skieurs alpins?

L’Institut canadien du sport de l’Ontario (ICSO) collabore étroitement avec certains des meilleurs skieurs de la province pour optimiser l’entraînement et la performance de ces athlètes. L’ICSO mise sur le modèle d’équipe de soutien intégré où des équipes multidisciplinaires de professionnels de en sciences du sport, de la médecine du sport et de la performance sportive travaillent de concert pour aider les entraîneurs et les athlètes à monter sur le podium. Plus précisément, les équipes de soutien intégré comprennent des experts en physiologie de l’exercice, en préparation mentale, en analyse biomécanique et de la performance, en nutrition sportive, en préparation physique, en médecine du sport, incluant la physiothérapie, la massothérapie et la gestion sportive. Les équipes de soutien intégré collaborent régulièrement avec les entraîneurs et les athlètes afin de s’assurer qu’ils reçoivent des soins et un soutien de catégorie mondiale dans le cadre de leurs programmes d’entraînement, de récupération et de compétition. Chaque équipe de soutien intégré vise à s’assurer que les athlètes canadiens sont en santé, en forme et psychologiquement prêts à livrer une performance optimale. 

Comment les praticiens de l’équipe de soutien intégré soutiennent-ils les athlètes pour maximiser la performance et atteindre un niveau élite?

Les athlètes se spécialisent habituellement en slalom ou en descente, mais il existe aussi des athlètes polyvalents, comme l’Américaine Mikaela Shiffrin qui a récemment remporté des compétitions de la Coupe du monde en slalom et en descente. Cela dit, aucune caractéristique unique ne détermine le succès en ski alpin. L’approche en matière d’analyse scientifique, d’entraînement et de prévention des blessures repose donc sur de multiples aspects. Le personnel de l’ICSO, constitué de praticiens experts en sciences du sport, propose une analyse physiologique spécialisée comme des tests anaérobiques et aérobiques, ainsi que des approches d’entraînement et des évaluations ciblées pour soutenir les athlètes d’Alpine Ontario.

Pour optimiser la performance en descente ou en slalom, les athlètes doivent résister à d’énormes forces exercées sur le corps, spécialement sur les jambes, pour maintenir l’équilibre et la stabilité à grande vitesse et pour exécuter des virages serrés autour des portes le long de la pente enneigée. Le gabarit des compétiteurs spécialisés en descente est généralement plus imposant et robuste, spécialement au niveau des jambes, pour contrer les forces impressionnantes. Dans tous les cas, les jambes des skieurs doivent être équilibrées et symétriques. En analysant la taille et la circonférence des muscles au moyen de diverses techniques de composition corporelle, le personnel en sciences du sport de l’ICSO peut déterminer les skieurs les mieux constitués pour les épreuves de ski plus rapides. Les tests physiologiques peuvent aussi aider à détecter un déséquilibre ou une asymétrie des jambes qui pourrait limiter la performance ou augmenter les risques de blessures.

Les slalomeurs, plus légers et rapides, possèdent une grande puissance explosive. Ces athlètes accomplissent habituellement des tests de vitesse du mouvement et d’agilité durant des exercices de ski simulés. Par exemple, le test de « saut sur une boîte », propre au ski et qui permet de déterminer l’aptitude au ski de haut niveau, se déroule de concert avec l’analyse du lactate dans le sang pour déterminer le stress de cette tâche et comment l’athlète est adapté à l’entraînement. À l’ICSO, les scientifiques du sport se servent des résultats du test de saut sur une boîte et de force produite par les skieurs de concert avec l’analyse des échantillons sanguins pour établir comment les skieurs pourraient se fatiguer durant une épreuve de slalom. Le personnel en sciences du sport utilise ensuite les résultats de tests comme le saut sur une boîte afin de préparer un entraînement de ski au sol pour les entraîneurs et les athlètes. 

À l’ICSO, les skieurs effectuent des tests statiques et dynamiques sensibles des fonctions musculaires et subissent une analyse du mouvement fonctionnel. Les résultats servent à déterminer si les skieurs présentent des risques de subir une blessure aux genoux. Un entraînement ciblé est ensuite proposé pour minimiser les facteurs de risque. On peut par exemple se servir d’un entraînement musculaire en gymnase afin d’augmenter la taille du corps et des jambes, spécialement pour adapter le gabarit des descendeurs aux demandes du ski. L’entraînement en endurance, habituellement en cyclisme, complète l’entraînement musculaire durant la saison morte. Les athlètes suivent aussi un entraînement en saut et en agilité et d’autres tests explosifs pour garantir que l’entraînement progresse et pour déterminer et réduire les risques de blessures et se préparer en vue de la saison de ski et de la compétition.

En raison de la longueur et des exigences différentes des épreuves de descente et de slalom, les exigences physiologiques et les caractéristiques d’entraînement varient. Les slalomeurs démontrent une grande puissance explosive et une agilité remarquable pour contourner les portes très rapprochées. La descente comporte une importante composante d’endurance anaérobique qui amène les skieurs à adopter une position groupée aérodynamique statique et à absorber d’énormes forces. La sensation de brûlure dans les jambes que ressentent les athlètes découle de la tension des jambes et de l’accumulation d’acide lactique. Le personnel en sciences du sport de l’ICSO peut évaluer la puissance anaérobique des skieurs au moyen d’un test intense de 90 secondes sur vélo. Durant ce test, les skieurs doivent pédaler autant que possible tout en maintenant une puissance de sortie. Les athlètes et les entraîneurs peuvent ensuite utiliser ces résultats de concert avec une analyse de la performance et du lactate dans le sang effectuée en descente. L’équipe de physiologie de l’ICSO détient une expérience exhaustive en analyse des résultats pour aider les athlètes et les entraîneurs à repérer les talents, établir le niveau de performance actuel de l’athlète et proposer des plans d’entraînement individualisés.

Comment les skieurs alpins se préparent-ils en vue de la compétition?

La plupart des athlètes d’élite habitent des régions où il y a de la neige toute l’année. Pendant la saison morte, les athlètes s’entraînent intensément au sol. Durant l’entraînement au sol, y compris l’entraînement musculaire, les athlètes recherchent une puissance et une endurance anaérobique, puis convertissent ces caractéristiques en performance durant la compétition grâce à de nombreuses heures d’entraînement en montagne et durant les camps d’entraînement. L’ICSO a joué un rôle clé en conseillant Alpine Ontario, l’équipe provinciale de ski et les équipes de perfectionnement et en leur proposant des entraînements précis au sol pour garantir l’acquisition d’une bonne condition physique avant les camps pour que les skieurs puissent s’entraîner intensément avec succès.

Durant l’été, les skieurs d’Équipe Ontario participent à des camps sur les pistes de l’Amérique du Sud ou sur des glaciers en altitude en Amérique du Nord ou en Europe. Durant l’entraînement en montagne en haute altitude, les skieurs dévalent les pistes plus d’une douzaine de fois chaque jour durant deux semaines. Le personnel en sciences du sport de l’ICSO conseille les entraîneurs sur l’entraînement au sol préparatoire en cyclisme et l’entraînement musculaire pour que les athlètes soient bien préparés à participer aux camps. Le bien-être, le niveau de performance et la récupération des athlètes sont surveillés au moyen de techniques scientifiques pour évaluer la qualité du mouvement et la réaction du corps à chaque descente et repérer les changements du niveau de performance. Des interventions de récupération après de longues séances à haute altitude sont aussi intégrées au programme de préparation de l’athlète.

Grâce à des analyses sur piste et à des tests en laboratoire innovateurs, le personnel de l’ICSO a été en mesure de mieux comprendre les exigences du ski alpin et les caractéristiques des skieurs. À l’aide d’approches avant-gardistes, comme l’entraînement en altitude dans la chambre environnementale à la fine pointe de l’ICSO, nous pouvons mieux préparer les athlètes aux rigueurs de l’entraînement et de la compétition de ski en altitude.

L’équipe canadienne aux Jeux olympiques de 2018 à Pyeongchang comptera 15 skieurs alpins qui participeront à des événements individuels et en équipe. Les compétitions de ski alpin aux Jeux olympiques de 2018 se dérouleront du 11 au 24 février. 

À propos de l’Institut canadien du sport de l’Ontario

L’Institut canadien du sport de l’Ontario (ICSO) est un organisme sans but lucratif qui se consacre à la quête de l’excellence en offrant des programmes, des services et un leadership de calibre mondial aux athlètes et aux entraîneurs de haut niveau afin d’améliorer leur capacité à monter sur le podium au niveau international. L’ICSO offre aux athlètes un éventail de services en sciences et médecine du sport, notamment dans les domaines de la nutrition, la physiologie, la biomécanique, la préparation physique, la performance mentale, la thérapie sportive et les services de subsistance. L’ICSO offre également des programmes et des services à des organismes sportifs nationaux et provinciaux, ainsi qu’à leurs entraîneurs, afin de renforcer les structures sportives en Ontario et au Canada.

L’ICSO offre ses services à environ 700 athlètes de haut niveau et 250 entraîneurs à ses installations principales du Centre sportif panaméricain de Toronto, à son emplacement satellite du Centre de cyclisme national Mattamy à Milton et à ses environnements d’entraînement quotidien partout en Ontario. L’ICSO fait partie d’un vaste réseau de quatre instituts et de trois centres multisports à l’échelle du pays, le Réseau des instituts du sport olympique et paralympique du Canada, en partenariat avec le Comité olympique canadien et le Comité paralympique canadien. L’ICSO bénéficie du soutien du ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport, de Sport Canada, d’À nous le podium et de l’Association canadienne des entraîneurs, ainsi que des organismes sportifs nationaux et provinciaux du secteur.  www.csiontario.ca/fr

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Rédigé par :

David Bentley, physiologiste du sport, Institut canadien du sport de l’Ontario

Personne-ressource pour les médias :

Laura Albright, Gestionnaire des communications et des activités

Institut canadien du sport de l’Ontario

Tél. : 416 596-1240, poste 238

Courriel : lalbright@csiontario.ca

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