De la pandémie au podium : Retour au sport à l’ICSO (Partie 4: Renee Foessel et Dre Sari Kraft)

mercredi, 13 janvier, 2021

L’Institut canadien du sport de l’Ontario croit au pouvoir du sport et à ses principes unificateurs à l’échelle mondiale. Au cours de la pandémie de la COVID-19, nous avons été forcés de nous adapter à une nouvelle réalité et de nous unir pour nous soutenir mutuellement de diverses façons. Cette série d’articles en 4 parties, rédigée par le journaliste sportif lauréat de nombreux prix David Grossman, a été conçue pour mettre en valeur nos athlètes résilients et les praticiens qui ont joué un rôle déterminant dans leur retour au sport.

 

« J’ai appris qu’il y a toujours des obstacles. La clé est de continuer à foncer »

- Renee Foessel    

 

Par David Grossman

 

Certains utiliseraient le mot « courage ». D’autres choisiraient « détermination ».

Si vous observez Renee Foessel s’exécuter comme athlète, vous assisterez à un spectacle glorieux. Si vous lui parlez, vous serez facilement inspiré.

En apprenant à la connaître, vous verrez une étincelle dans sa vision positive des choses et sa façon d’approcher les défis, qui pour elle ont été nombreux.

Foessel est née avec un cas bénin de paralysie cérébrale. Le terme médical est hémiplégie, une paralysie d’un côté du corps, qui cause des problèmes de maîtrise musculaire et des faiblesses. Dans son cas, il s’agit d’une fonction plus faible du contrôle moteur et d’une faiblesse du côté droit de son corps.

C’est une visionnaire qui suit toujours son instinct. Sa promesse personnelle est de toujours continuer et d’être la meilleure.

On s’amuse beaucoup avec elle. Certains la connaissent comme une professionnelle qui travaille dans le monde de la justice pénale. D’autres la connaissent depuis l’adolescence, lorsque Foessel a été choisie Meilleure joueuse d’athlétisme à son alma mater, l’école secondaire St. Marcelinus de Mississauga.

Lorsque l’adrénaline monte alors qu’elle fait de l’athlétisme, reculez et donnez-lui de l’espace.

 

Renee en formation. Photo: Toronto Star

C’est à l’âge de 10 ans que Foessel a découvert un intérêt pour l’athlétisme. Ce qu’elle préférait, c’était les lancers : poids, disque et javelot. À l’époque, elle utilisait un fauteuil roulant pour voyager sur une longue distance et sa dextérité était inférieure à la moyenne. Elle est une compétitrice ambulatoire, décrite comme étant une athlète ayant une déficience orthopédique, neuromusculaire, visuelle ou autre incapacité physique permanente.

Elle a rapidement appris à aimer l’indépendance que lui donnait le sport et à gagner de l’autonomie.

Cruisers Sports, le club de Peel/Halton auquel elle s’est jointe à l’école primaire St. Gregory, a été un gros avantage pour elle. Elle est toujours membre d’une merveilleuse organisation qui encourage le sport et les activités récréatives, ce qui améliore la qualité de vie des personnes ayant une déficience physique.

Foessel a progressé rapidement, se concentrant davantage sur le disque, et a participé à de nombreuses compétitions nationales et internationales. Vous en avez peut-être entendu parler : les Jeux parapanaméricains, les Championnats du monde d’athlétisme handisport et les Jeux paralympiques de 2016. Arborant le rouge et le blanc du Canada, Foessel s’est bien débrouillée, bien que les médias grand public lui aient accordé peu ou pas d’attention.

Elle occupe actuellement le troisième rang au monde dans la classification F38. Il s’agit d’une catégorie d’athlétisme handisport mondiale axée sur les athlètes ayant une déficience de légère à modérée d’un ou plusieurs membres.

Pour Foessel, il n’y a pas de remontée épique. Elle se donne à fond dès le début et vous offre un spectacle franc, un moment pour savourer le périple. Elle est maintenant entièrement dédiée aux Jeux paralympiques de 2021 à Tokyo.

Renee effectue un lancer de disque aux Jeux paralympiques de Rio 2016. Photo: Canadian Paralympic Committee

« Quand j’y repense, je n’aurais jamais pensé avoir accompli autant de choses grâce au sport et dans la vie et de me sentir aussi privilégiée de vivre cette sensation spéciale, la fierté de représenter le Canada, a déclaré Foessel. J’espère que je pourrai être un modèle pour les autres, avec ou sans handicaps. »

Foessel est très similaire aux autres athlètes et est même capable de rivaliser avec les athlètes sans handicap. Bon nombre d’entre eux, peu importe leur sport, désirent dominer lors de leurs événements spéciaux. Au cours de la dernière année, comme des milliers d’autres dans le monde, elle a dû faire face à un gigantesque revers. En 2020, la pandémie mondiale a fait fermer et arrêter beaucoup de choses, ce qui a même retardé le spectacle sportif mondial.

Foessel s’est ajustée et, si tout va bien, elle pourrait être sur le point d’obtenir de l’attention et du succès au rang des célébrités du sport. C’est déjà le cas au Canada.

Foessel n’est pas du genre à se vanter; elle laisse ses performances parler pour elle.

Son plus grand point saillant sportif a été celui des Jeux paralympiques de 2016 où elle a remporté la quatrième position au lancer du disque F38. Son expérience sportive la plus mémorable a été aux Jeux panaméricains de 2015 à Toronto, où elle a remporté trois médailles. L’une d’elles a été l’or en lancer du disque. Elle a obtenu l’argent en lancer du poids et a terminé son tour du chapeau avec le bronze en lancer du javelot. Tout le brouhaha est venu avec les membres de sa famille, qui étaient captivés par ses prestations.

Plus récemment, en 2019, Foessel a enregistré quelque chose de spécial. Elle a lancé le disque, un disque métallique circulaire, à 33,37 mètres, un record personnel. Cela s’est produit loin de la maison. On parle ici de Dubaï, la ville la plus peuplée des Émirats arabes unis, qui accueillit le Championnat du monde d’athlétisme handisport. Ce qui est encore plus incroyable, c’est que Foessel a battu son propre record canadien quatre fois dans le même événement.

Bien que Foessel ne cessait de prospérer, un sentiment horrible allait arriver.

Se rappelant une belle soirée printanière à Barrie, Foessel a été troublée par le nombre de cas de COVID-19 qui ne cessait d’augmenter. Ensuite, le coup fatal s’est produit lorsque l’Association olympique canadienne a annoncé un arrêt des Jeux olympiques et paralympiques. D’autres pays ont suivi.

Foessel a déclaré qu’elle a initialement été dévastée.

Renée avec ses médailles et s’entraînant à l’Athletics Hub East. Photos: Toronto Star

« Je travaillais très fort depuis quatre ans, tout comme les autres athlètes, en me concentrant sur la scène mondiale, puis la pandémie a commencé, dit-elle. On ne peut jamais s’attendre à ce que quelque chose comme ça se produise et que ça puisse avoir des répercussions énormes sur le monde entier. Au départ, j’étais très émotive et inquiète. Ça a été une période difficile, mais je savais que je n’étais pas la seule. »

La suprématie au plus haut niveau a été mise de côté pour le moment. Elle se demandait plutôt si elle serait capable de surmonter cette pause dans sa lancée, si elle allait être dépassée par les événements et si elle pourrait maintenir sa santé pour une autre année.

Avec les restrictions de la COVID qui l’ont empêché de se rendre au site de l’Institut canadien du sport de l’Ontario (ICSO) du Centre sportif panaméricain de Toronto, Foessel s’est tournée vers ce qu’elle appelait des « ressources en ligne phénoménales » qui incluaient des liens avec les spécialistes et aidaient avec la santé mentale et les études.

« Je suis très enthousiaste à l’idée de continuer à avancer et le soutien reçu a été fantastique, a déclaré Foessel, en faisant l’ajustement de la pandémie vers le podium. J’ai appris qu’il y a toujours des obstacles. La clé est de continuer à foncer, la tête haute et sans regarder. Je suis aussi une éponge, j’absorbe tous les conseils sur la mise en forme, la nutrition, l’entraînement et plus encore. »

En ce qui concerne l’optimisme, qui aurait pu prendre le bord en raison d’une pandémie, il n’a jamais été question de laisser tomber l’engagement. La Dre Sari Kraft, une médecin travaillant avec une équipe de soutien intégrée, supervise également plus de 20 athlètes d’athlétisme au Centre national d’entraînement de l’Est d’Athlétisme Canada situé à Toronto.

Renee dans une épreuve de lancer de disque, Jeux paralympiques de Rio 2016. Photo: Canadian Paralympic Committee

« Je connaissais Renee comme une lanceuse paralympique, mais je ne l’avais jamais vue performer avant Dubaï, a déclaré la Dre Kraft, membre de l’équipe de soins préventifs qui s’occupe également de la nutrition, de la performance et de la prévention des blessures. Elle est très bonne pour savoir quand demander de l’aide; elle est proactive et communique avec moi si elle est inquiète ou a besoin de conseils. »

Ken Hall en connaît aussi beaucoup sur l’émergence de Foessel, sa motivation et sa capacité à s’intégrer aux routines et à développer une créativité et un désir inimitables.

« Je l’ai rencontrée quand elle avait six ans lorsqu’elle s’est jointe à notre club. Elle a essayé le hockey sur luge et le basketball en fauteuil roulant, puis quatre ans plus tard j’ai su qu’elle avait essayé les événements de lancer d’athlétisme,

raconte Ken Hall, son entraîneur personnel et son entraîneur pour les épreuves d’athlétisme à Cruiser Sports. Je me rappelle lui avoir dit de l’essayer. Elle n’a pas eu besoin d’un deuxième rappel. Elle est très bonne, très réceptive aux directives et a une excellente attitude. »

Lumineuse, aimable et vive, Foessel a pu profiter de nombreuses ressources et de beaucoup de personnel. Elle continue à développer sa force et à perfectionner sa technique. Tout compte fait, sa confiance et son travail acharné lui permettent de se concentrer sur l’ascension et la réalisation.

 

– FIN –

 

David Grossman est un journaliste chevronné, lauréat de nombreux prix, diffuseur auprès de certains des principaux médias canadiens, notamment le Toronto Star et SPORTSNET 590 THE FAN, et professionnel des relations publiques depuis plus de 45 ans dans le domaine des sports et des relations gouvernementales au Canada.

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