De la pandémie au podium : Retour au sport à l’ICSO (Partie 3: Genevieve Sassevill et Meena Sharif)

mardi, 15 décembre, 2020

L’Institut canadien du sport de l’Ontario croit au pouvoir du sport et à ses principes unificateurs à l’échelle mondiale. Au cours de la pandémie de la COVID-19, nous avons été forcés de nous adapter à une nouvelle réalité et de nous unir pour nous soutenir mutuellement de diverses façons. Cette série d’articles en 4 parties, rédigée par le journaliste sportif lauréat de nombreux prix David Grossman, a été conçue pour mettre en valeur nos athlètes résilients et les praticiens qui ont joué un rôle déterminant dans leur retour au sport.

« Je m’entraînais six jours par semaine – puis tout s’est arrêté. C’était comme si j’avais heurté un mur, un vrai choc. C’était comme si tout était terminé. »

- Genevieve Sasseville    

 

Par David Grossman

 

Certains croient que c’est le signe précurseur de la réussite. Il y en a d’autres qui trouvent qu’ils en ont vu assez et qui n’ont pas besoin de manifestation.

Genevieve Sasseville a maîtrisé une grande partie des détails intellectuels et des nuances d’un athlète en herbe. Jeune, intelligente et compétente, cette nageuse exceptionnelle reconnaît aussi que le meilleur reste à venir.

Qualifiée, experte et compétente à l’une des techniques les plus difficiles du sport, le papillon, Mme Sasseville a déjà connu la compétition de la scène internationale en tant que médaillée du championnat mondial junior. Elle est ambitieuse et, de bien des façons, vorace envers la prochaine compétition.

Genevieve Sasseville natation. Photo: Chatham-Kent Sports Network

Pour une bonne partie de 2020, en raison de la pandémie de coronavirus, les choses ont été très difficiles pour plusieurs. Cela comprend Mme Sasseville.

De nos jours, cette personne habile et sage continue de rechercher la bonne fortune et espère toujours avoir ce qu’il faut pour faire partie de l’équipe olympique canadienne pour les Jeux de 2024 à Paris, une ville reconnue pour sa culture du café et ses boutiques de designers.

C’est son intention. Elle sait que ce ne sera pas facile, et même plus difficile de bien des façons, mais elle est tenace. Tournée vers la route qui l’attend, elle poursuit son entraînement. La situation semble pencher en la faveur de cette personne douée.

« La pause du dur entraînement (en raison de la Covid-19) a été difficile au début », a déclaré Mme Sasseville, qui avait passé beaucoup de temps dans l’eau à améliorer sa nage, sa vitesse et sa technique. « Je m’entraînais six jours par semaine – puis tout s’est arrêté. C’était comme si j’avais heurté un mur, un vrai choc. C’était comme si tout était terminé. »

Ce n’est pas le cas. En fait, loin de là dans son cas. Une pause, peut-être.

Le 12 mars dernier, Genevieve Sasseville était à la piscine du Centre sportif panaméricain de Toronto. Le lendemain, la piscine était fermée. Deux jours plus tard, Mme Sasseville était à la maison et elle y est restée pendant près de cinq mois.

« Je ne savais pas quoi faire, tout était confus, je n’avais plus de routine – tout s’était arrêté soudainement », se rappelle-t-elle. « Au début, c’était décevant. Au bout d’un certain temps, la pause de mon entraînement m’a donné encore plus envie de revenir. C’était tellement étrange. »

Mme Sasseville n’a pas perdu espoir. Elle s’est tournée vers l’entraînement terrestre et, grâce à l’aide de son père, elle a eu la chance de profiter d’une piscine improvisée dans le garage familial. C’était une initiative géniale qui lui a permis de s’entraîner. Avec une ceinture fixée à sa taille, elle était unie à la piscine. En bref, elle nageait, mais n’avançait pas.

Meena Sharif, préparatrice physique de lʼInstitut canadien du sport de lʼOntario (ICSO), est également en attente dʼoffrir son aide. Elle est située dans les mêmes installations du Centre sportif panaméricain de Toronto.

« La première fois que nous nous sommes rencontrées, (Mme Sharif) était si amicale, compétente et prête à m’aider », a déclaré Mme Sasseville. « J’ai eu beaucoup de chance. C’était comme si une étincelle s’était allumée en moi. (Mme Sharif) a certainement contribué à ma réussite. »

Maintenant de retour dans la piscine olympique, Mme Sasseville a grandement bénéficié des programmes, des séances, des entraînements et des aptitudes hors de l’eau mis de l’avant par Mme Sharif.

« C’était son attitude. Je pouvais le voir dans la façon dont elle demandait toujours des conseils sur la façon de s’améliorer dans l’eau, et en dehors de l’eau », a dit Mme Sharif. Elle était prête à faire ce qu’il fallait. La communication, si importante, fonctionnait entre nous et notre relation était solide. »

Même Mme Sharif pense que l’arrêt, la fermeture de mars à juin, a aidé des athlètes plus jeunes, comme Genevieve Sasseville.

« Je crois vraiment que cela a ouvert la porte à de nouvelles façons de s’entraîner, d’améliorer sa force, sa nutrition et son état mental », a déclaré Mme Sharif, qui a d’abord communiqué avec Mme Sasseville en 2018, tout en travaillant avec l’Ontario Swim Academy, une initiative de Swim Ontario qui reconnaît la prochaine génération d’athlètes compétents.

Mme Sasseville vient de Chatham, une communauté au sud-ouest de l’Ontario qui se distingue par des célébrités du sport. Notamment, Fergie Jenkins, joueur de baseball faisant partie du Temple de la renommée, Shae-Lynn Bourne, championne en patinage artistique, les athlètes olympiques Doug Anakin (bobsleigh) et Courtney Babock (coureuse de fond), ainsi que plusieurs joueurs de hockey professionnels.

Il y a de la place pour une nageuse dans ce groupe, et cette place pourrait très bien être comblée par Genevieve Sasseville.

À l’âge de six ans, Mme Sasseville a décidé qu’il était temps de délaisser les leçons de danse pour consacrer sa force et sa vitalité à la natation. C’est un sport compétitif pour plusieurs. D’autres choisissent de le pratiquer de manière récréative. C’est également l’un des sports les plus populaires en Amérique du Nord.

« Quand j’étais petite, je me souviens des leçons de natation, quand je me suis jointe au club des requins de la piscine de Chatham et c’était tellement excitant », a déclaré Mme Sasseville. « J’étais une nageuse nerveuse, toujours tellement anxieuse. Je suis devenue un vrai poisson dans l’eau. »

Les choses se sont intensifiées rapidement. Peut-être était-ce en raison de la piscine dans la cour de sa famille ou du lac au chalet de sa famille à Haliburton. En 8e année, alors élève de l’ancienne école publique John N. Given, Mme Sasseville a participé au camp de natation d’Équipe Ontario en Floride. Cela a sûrement été la première étape importante dans le monde de la natation de compétition.

À l’âge de 15 ans, les choses sont devenues sérieuses, surtout lorsqu’elle a été invitée à l’Ontario Swim Academy à Toronto. Pour cela, elle a dû déménager et vivre avec d’autres membres de sa famille. C’était une initiative audacieuse, une adolescente qui quittait la maison, mais elle était impatiente et prête à le faire.

Le succès et de nombreux événements mémorables ont pris la relève.

Parmi ses réalisations, il y a eu une médaille d’or aux championnats nationaux junior de 2017 à Toronto. Cette même année, elle a remporté deux médailles dʼor, dont un record personnel, aux Jeux du Canada à Winnipeg. Bénéficiant d’un encadrement solide, de son travail acharné et de sa soif de réussir, les succès se sont enchaînés pour Mme Sasseville.

Deux ans plus tard, en 2019, elle a mis les pieds sur le podium au Japon lors d’une importante rencontre à Sagamihara, à environ une heure de Tokyo. La même année, elle est allée en Hongrie. Elle est revenue avec deux médailles, en tant que membre des équipes de relais canadiennes aux championnats mondiaux junior à Budapest. C’est là qu’elle a enregistré son meilleur temps personnel de 59,76 secondes au 100 mètres en papillon.

Étudiante universitaire, elle se prépare pour atteindre les étoiles. Genevieve Sasseville souhaite déménager pour étudier et nager à Los Angeles à l’University of Southern California, l’une des principales universités de recherche privée au monde.

« L’Ontario Swim Academy joue un rôle important dans le développement de la haute performance et (Mme Sasseville) s’y intègre parfaitement », a déclaré Dean Boles, chef de la direction de Swim Ontario. « Elle travaille très fort, est une meneuse et simplement une personne merveilleuse et l’incarnation de ce qu’un entraîneur recherche. Combinez sa force, sa détermination et les personnes qui la soutiennent, et vous avez une excellente nageuse. »

Mme Sharif sait que l’engagement de Mme Sasseville a rapporté d’énormes récompenses.

Quant à Mme Sasseville, une personne qui comprend les autres, qui établit des relations saines et qui est empreinte d’empathie et d’appréciation, elle est sur la bonne voie pour combattre une pandémie qui nuit à ses objectifs de podium.

 

-FIN-

  David Grossman est un journaliste chevronné, lauréat de nombreux prix, diffuseur auprès de certains des principaux médias canadiens, notamment le Toronto Star et SPORTSNET 590 THE FAN, et professionnel des relations publiques depuis plus de 45 ans dans le domaine des sports et des relations gouvernementales au Canada.

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