Célébrons les modèles sportifs de la communauté noire : Deion Green

mardi, 23 février, 2021

Célébrons les modèles sportifs de la communauté noire

Deion Green - basketball en fauteuil roulant
 

 

Par Aaron Sanders

 

Le commencement, les obstacles, la rédemption – ce sont quelques-unes des étapes que les athlètes doivent franchir au cours de leur carrière. Deion Green, âgé de 30 ans, a vécu tout cela en jouant au basketball en fauteuil roulant pour le Canada. Avec une carrière qui s’étend sur presque deux décennies, il n’y a aucun doute que Deion a vécu beaucoup d’expériences au jeu. Il a fait le tour du monde, gagné des titres lors des championnats du monde et remporté des médailles, et il continue à performer.

Deion est né à Mississauga, en Ontario, et a été élevé à Richmond, en Colombie-Britannique. Il a toujours adoré jouer au basketball et, lorsqu’il était un enfant, il pratiquait ce sport avec ses amis. Une fois plus vieux, ses amis ont pu jouer au basketball de compétition conventionnel. Cependant, c’était quelque chose que Deion n’était pas en mesure de faire. Grâce à son père, il a pu commencer sa propre aventure de basketball en fauteuil roulant alors qu’il n’avait que 10 ans. Il a commencé à jouer en 2000, la même année où l’équipe nationale masculine a remporté sa première médaille d’or aux Jeux paralympiques de Sydney, en Australie.

« Je voulais quand même jouer à un niveau de compétition, et mon père a appris par le bouche-à-oreille qu’il y avait des pratiques de basketball [en fauteuil roulant] à Richmond, quand j’habitais en Colombie-Britannique. J’y suis allé et j’ai adoré ça dès le premier jour. »

Deion faire un lancer franc. Photo: Basketball en fauteuil roulant Canada
 

La compétitivité de Deion se manifeste dès qu’il se réveille chaque jour.

« J’aime travailler dur », dit Deion. « J’aime la compétition. J’adore me lever le matin en sachant que je vais jouer au basketball, qu’il s’agisse d’un simple entraînement ou de préparation aux Jeux paralympiques ou à des tournois tout au long de l’année. »

À l’échelle provinciale, Deion a joué pour la Colombie-Britannique. Son équipe a remporté l’or au championnat national de la Ligue canadienne de basketball en fauteuil roulant (LCBFR) en 2011, et l’argent en 2012. Il s’agissait de la même équipe qui comprenait Richard Peter, né en Colombie-Britannique, et d’autres membres de l’équipe nationale qui a remporté la médaille d’or en 2000. C’était une équipe dont Deion était fier de faire partie.

« L’expérience, l’atmosphère… tout était incroyable », a déclaré Deion.  « Le fait d’être un débutant et de jouer avec des légendes déjà établies m’a donné de l’expérience et des connaissances que je n’aurais pas eues si je n’avais pas joué pour cette équipe à ce moment précis. »

Deion a été nommé athlète masculin de l’année par la BC Wheelchair Basketball Society deux fois, en 2006 et en 2013. Puis, il a joué pour les Royals de la Colombie-Britannique dans la LCBFR, de 2013 à 2019. Il a été nommé deux fois joueur étoile alors qu’il était un joueur des Royals, et son équipe s’est classée deuxième au championnat national de la ligue en 2017.

En 2017, Deion a subi un revers dans sa carrière de jeu : son épaule gauche s’est disloquée. La blessure a nécessité une chirurgie et de la réadaptation, ce qui a forcé Deion à quitter le sport. Après un an et demi de guérison, Deion a fait son retour en mettant à profit ses compétences en Ontario, où il y a joint les Rollin’ Raptors de Toronto de la National Wheelchair Basketball Association (NWBA) en 2018.

Deion a eu sa première chance de jouer pour l’équipe nationale canadienne alors qu’il avait 19 ans. Il a été membre de l’équipe masculine junior du Canada lors du Championnat du monde de l’U23 à Paris en 2009. Lorsqu’il a fait partie de l’équipe masculine senior nationale, Deion et ses coéquipiers ont participé aux Jeux parapanaméricains de 2015 et de 2019, et ont remporté la médaille d’argent lors des deux événements. En tant que l’une des meilleures équipes du tournoi de basketball en fauteuil roulant des deux Jeux, le Canada s’est qualifié pour participer aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro, du Brésil, et des prochains Jeux de Tokyo, au Japon. Deion se souvient de ses premiers Jeux parapanaméricains comme d’une expérience irréelle. Même en sol canadien aux Jeux de Toronto de 2015, l’équipe du Canada a dû faire face à une rude compétition tout au long de l’événement.

Deion a Jeux paraPanaméricains de Toronto 2015. Photo: Basketball en fauteuil roulant Canada

« À ce moment-là, nous devions être l’une des deux meilleures équipes en raison de notre classement lors du tournoi », a déclaré Deion. « C’était une année difficile pour nous, car notre entraîneur [Jerry Tonello] a reçu un diagnostic de cancer du cerveau et nous avons eu un nouvel entraîneur [Stephen Bialowas]. Ça a augmenté le niveau de stress des gars, mais nous avons passé au travers et obtenu une place pour Rio. »

Les Jeux paralympiques de 2016 à Rio de Janeiro ont été les premiers de Deion. Même si l’équipe du Canada a terminé au 11e rang cette année-là, Deion a apprécié la camaraderie qui s’est développée pendant et après les Jeux.

« La croissance que nous avons connue en tant qu’amis et famille nous a vraiment aidés dans les années qui ont suivi Rio », a déclaré Deion. « Nous gagnons ensemble, nous perdons ensemble; et nous avons vraiment perdu ensemble. J’ai l’impression que cela nous a liés, et si nous pouvons passer à travers cette épreuve, nous pouvons aussi gagner ensemble. »

Deion s’exerçant au l’ISCO. Photo: Jason Burnett

La pandémie de la COVID-19 a forcé de nombreuses personnes, dont Deion, à modifier leurs activités quotidiennes. Même si les premiers stades de la pandémie ont restreint Deion dans son entraînement régulier, il l’a également vu comme une bénédiction déguisée. Cela lui a permis de passer plus de temps avec son fils de trois ans, Eli.

« [Avant la pandémie], je ne pouvais le voir que les fins de semaine ou lorsque je n’avais pas de basketball la semaine », a déclaré Deion. « Donc, les six premiers mois de confinement rigoureux ont vraiment été un moment agréable. J’ai pu passer du temps avec [Eli] et sa mère, et tisser des liens avec lui. L’aspect du basketball était plus difficile. Je ne me suis jamais habitué à m’entraîner à l’extérieur, je faisais normalement ça au gymnase. »

Malgré les changements, Deion a pu réfléchir et apprendre une chose importante lors de cette pandémie.

« Profitez de chaque occasion », a déclaré Deion. « [En ce moment], j’ai accès au gymnase. Je ne cherche pas d’excuses, car je ne sais jamais quand je vais pouvoir l’utiliser à nouveau. Créez des souvenirs. »

Dans un monde qui change fréquemment, la perspective des gens et de la population a commencé à faire de même. Une attention accrue est portée aux minorités visibles et aux rôles qu’elles ont joués dans l’histoire et dans la société d’aujourd’hui. Au cours des dernières années, la communauté noire a été prédominante avec le soulèvement du mouvement Black Lives Matter. Deion indique que ce mouvement est une étape positive.

« Cela a ouvert les yeux des gens autour de moi et dans la communauté sportive », a déclaré Deion. « Cela leur a montré ce à quoi les gens noirs, comme moi, doivent faire face quotidiennement, et ce qu’ils ont subi pendant des années avant que le mouvement ne prenne racine. Je le soutiens entièrement. Il a fait beaucoup de choses. Il a permis de mettre en lumière beaucoup de choses qui doivent être changées et réglées. »

L’équipe du Canada représente la prochaine génération des athlètes canadiens. Deion espère que lui et ses coéquipiers pourront donner l’exemple à toute personne intéressée par le basketball en fauteuil roulant.

« Je veux que la prochaine génération puisse voir qu’il est possible de performer, de se faire une place, de représenter le pays et de porter la feuille d’érable avec fierté, que vous soyez noir ou blanc, et que vous ayez une limitation fonctionnelle ou non », a déclaré Deion. « Cela représente beaucoup pour moi qu’un enfant noir ayant une limitation fonctionnelle peut me voir, ou voir un athlète noir ou l’un de mes coéquipiers et se dire “Je pourrais faire ça”. Il n’est pas nécessaire de jouer à un niveau compétitif international très élevé. Ça peut être à n’importe quel niveau; l’important est de savoir qu’ils peuvent y participer et qu’ils n’ont pas à regarder du côté. »

Deion a Jeux paraPanaméricains de Lima 2019. Photo: Dave Holland

Deion espère également que lui et d’autres para-athlètes puissent être vus non seulement pour leur handicap, mais aussi pour leurs compétences comme tous les autres athlètes.

« On nous dit souvent “C’est inspirant. Tant mieux pour vous”, mais nous voulons aller au-delà de ça », a déclaré Deion. « Nous ne sommes pas que des athlètes ayant une limitation fonctionnelle. Nous sommes des athlètes [tout simplement]. Nous essayons de le démontrer dans nos vies quotidiennes. Les gens nous demandent ce que nous faisons, et nous essayons de leur expliquer que c’est un haut niveau, que nous sommes des athlètes et que c’est une chose sérieuse. »

Depuis près de 20 ans, Deion Green se déplace dans le monde entier, fait face à l’adversité et a récolté des éloges en représentant le Canada dans les parties de basketball en fauteuil roulant. Lorsqu’on lui demande comment il veut qu’on se souvienne de lui, il répond qu’il veut que les gens sachent qu’il a toujours mis l’équipe Canada au premier plan.

« Un homme qui était toujours là pour son l’équipe », mentionne Deion. « S’ils ont besoin que je reste sur le banc, je reste sur le banc. S’ils ont besoin que je marque 10 points, je marque 10 points. Si un coéquipier a besoin de quelque chose au milieu de la nuit, je le laisse l’emprunter. »

La prochaine étape pour Deion consiste à se préparer pour les Jeux paralympiques de 2020 à Tokyo.

 

-FIN-

 

Aaron Sanders est journaliste et présentateur pour l’équipe de basketball Windsor Express de la Ligue Nationale de Basketball (LNB) du Canada et pour l’athlétisme des Saints du St. Clair College. Il est aussi créateur de contenu pour la LNB du Canada. Il est également l’annonceur maison pour l’athlétisme universitaire, dont l’athlétisme des Lancers de l’Université de Windsor et le football d’Essex Ravens. 

Catégorie de nouvelles: 

Dernières nouvelles

  • 14 avril, 2021
    TORONTO (14 avril 2021) – À seulement 100 jours du début des Jeux olympiques de Tokyo 2020, la Fondation olympique canadienne lance une Bourse d’appui des Olympiens aux Olympiens afin d’offrir un soutien financier aux athlètes sur leur parcours vers...
  • 6 avril, 2021
    Célébrons les modèles sportifs de la communauté noire Blaise Mutware - basketball en fauteuil roulant par Aaron Sanders Tout au long de cette série sur les Modèles sportifs de la communauté noire, nous avons mis en lumière quelques-uns des meilleurs...
  • 31 mars, 2021
    Mise à jour #27 | 30 mar 2021 Communiqué d’information COVID -19 MISES À JOUR DU COMITÉ CONSULTATIF DE MÉDECINE SPORTIVE : Remarque : l’avis COVID -19 du CCMS ne sera plus publié toutes les deux semaines et sera diffusé « au besoin »...
  • 18 mars, 2021
    Un contingent de neuf navigateurs – cinq hommes et quatre femmes – représentera Équipe Canada dans six épreuves olympiques de voile à Tokyo 2020. Nikola Girke participera à ses cinquièmes Jeux olympiques, devenant ainsi la première navigatrice...
  • 15 mars, 2021
    À leur première compétition depuis les finales du Circuit mondial FIVB en septembre 2019, les championnes du monde en titre Sarah Pavan et Melissa Humana-Paredes sont atterries sur le podium en décrochant l’argent. Le duo n’a pas été vaincu jusqu’au...