Accent sur la fondation plutôt que la maison

Lego pieces building a wall

Par : Rolf Wagschal, PhD, Conseiller pour le Plan de match et l’athlète en transition

Quand on travaille avec des athlètes, il y a une question qui revient sans cesse : « Comment peut-on préserver l’équilibre entre la vie dans le sport et la vie hors du sport. Ça ne paraît pas possible! » Les athlètes ont en grande partie raison – à bien des égards, l’équilibre est quasi-impossible. Les exigences du sport de haut niveau – l’entraînement, la compétition, les voyages, et même le régime alimentaire – laissent peu de temps pour autre chose. Ceci dit, il y a tout de même des façons d’aider les athlètes à vivre une vie équilibrée et réussie.

Penser intégration plutôt qu’équilibre

Quand j’ai commencé comme conseiller du Plan de match, beaucoup d’athlètes m’ont dit que « sport de haut niveau » et « équilibre » étaient incompatibles. Ils n’avaient pas tout à fait tort. La réussite à ce niveau exige un tel engagement qu’il faut forcément exclure quantité de choses que la plupart des gens prennent pour acquises. La vie sociale, la vie de famille et, souvent aussi, la carrière hors du sport doivent céder le pas aux exigences de la discipline sportive. Toutefois, engagement et isolement ne devraient pas être synonymes.

Il y a place pour d’autres activités. Il s’agit de bien envisager un point de vue différent. Quand j’ai parlé d’équilibre, je n’entendais pas qu’il fallait viser un partage égal des activités. Pour les athlètes, cependant, ce n’est pas toujours évident. J’ai donc opté pour la notion d’intégration qui, je pense, répond mieux au besoin. Qu’elles se situent ou non à un niveau élevé, toutes les vies doivent intégrer des activités diverses et parfois disparates. Famille, travail, sport, amis, loisirs, alimentation, repos, autant d’exigences qu’il faut, tant bien que mal, intégrer à sa vie. Certaines activités exigent plus de temps et d’autres doivent forcément être réduites. Mais elles restent présentes. À bien des égards, il est important d’intégrer dans nos vies des activités extérieures au sport. Ce sont des occasions de renouveau mental qui aident à se reconcentrer sur le sport au moment opportun.

Les activités extérieures au sport varieront d’un individu à l’autre. L’important c’est de trouver la chose qui vous intéresse et de lui consacrer le temps qu’elle demande. Qu’il comprenne une heure par jour pour lire un livre ou un magazine qui vous intéresse, ou encore un peu de temps durant la semaine à passer avec un bon ami, un plan réaliste pour l’intégration de ce genre d’activités contribuera à une bonne gestion de votre vie et à un esprit mieux dégagé pour la compétition.

Concentration sur la fondation

Il arrive souvent que les plans d’avenir d’un athlète soient source de préoccupation. C’est particulièrement le cas pour ce qui concerne la vie après le sport. On voit le besoin d’acquérir une expérience de travail. Ou on songe à un retour aux études. Parfois, on ne sait vraiment pas ce qu’on voudrait faire après la carrière sportive. C’est normal. Cependant, il peut être carrément contre productif de reporter ces considérations indéfiniment. Plus proche est la « retraite », plus grande sera la distraction que cause l’inquiétude par rapport à la prochaine étape de vie.

Comment faire alors pour intégrer ces activités dans un programme déjà chargé? Le cas échant, j’aime bien recommander aux athlètes de s’appliquer à « bâtir la fondation plutôt que la maison ». Je veux dire par là qu’il sera souvent plus utile à long terme d’avoir centré son effort sur les activités fondamentales d’une démarche susceptible d’apporter le succès. Ainsi, le moment venu de mettre le plan à exécution, on a déjà une longueur d’avance.

Vous voulez l’expérience, mais vous ne voulez pas vous engager envers un employeur? Pourquoi pas une activité bénévole? Ces activités sont souvent plus flexibles et peuvent vous familiariser avec une variété de tâches dans un domaine donné. Le retour aux études vous attire, mais vous hésitez à vous engager à temps plein, ou même partiel? Renseignez-vous bien sur les programmes précis qui vous intéressent et assurez-vous d’avoir tous les éléments requis au moment de postuler (documents, lettres de recommandation, cours exigés). Il est aussi très important de bien connaître la procédure et les échéances. Ce sont des choses qu’on peut étudier dans ses temps libres. Vous êtes incertain par rapport à l’avenir et vous ne savez pas ce que vous aimeriez faire à long terme? Une telle situation peut être très stressante, mais elle offre aussi de la flexibilité. La recherche d’une carrière est un exercice à la fois expérimental et intellectuel. Un conseiller en transition de carrière pourrait vous être d’un précieux secours.

Somme toute, qu’on y consacre une heure par jour ou une heure par semaine, on peut toujours y faire quelque chose. Le temps qu’on y met est moins important que le premier pas qu’on franchit pour planifier sa vie au-delà du sport. Du moment que vous aurez bâti une fondation solide, la maison suivra en temps opportun.